
Le géant français du luxe s’inquiète de l’impact sur ses activités outre-Atlantique des taxes douanières agitées par le président américain.
À deux jours de l’annonce par Donald Trump, mercredi 2 avril, de nouveaux tarifs douaniers, une entreprise scrute particulièrement l’horizon de ce côté de l’Atlantique. Il s’agit en l’occurrence de LVMH, leader mondial du luxe, dont le quart du chiffre d’affaires réalisé en 2024 provient des États-Unis.
Autant dire l’importance du marché américain pour l’entreprise dirigée par Bernard Arnault. La crainte est si palpable chez le groupe français que sa capitalisation boursière a fondu de près de 14% depuis le retour au pouvoir du dirigeant républicain le 20 janvier, d’après Le Monde.
Parallèlement, le CAC 40 a progressé de 2% au cours de cette période. Des vins aux spiritueux menacés de 200% de taxes, aux produits de maroquinerie en passant par les cosmétiques, les activités de LVMH susceptibles d’être affectées par décisions de Trump sont larges.
De fait, Bernard Arnault et son clan comptent sur ses relations privilégiées avec le chef de l’État américain pour échapper à ces nouvelles taxes tant redoutées. Les deux parties cultivant depuis longtemps des liens étroits.
Une stratégie familiale d’influence
En janvier 2017, onze jours avant la première investiture de Trump, Arnault était ainsi l’un des rares hommes d’affaires à lui rendre visite dans la Trump Tower, accompagné de son fils Alexandre.
En 2019, le président américain avait personnellement inauguré une usine Louis Vuitton au Texas, déclarant à l’occasion qu’il n’imposerait pas de « taxes sur le champagne et les sacs à main d’Arnault » car « le groupe s’est implanté aux États-Unis ».
Cette proximité s’est renforcée au des années. À tel point que le milliardaire français fut un des VIP présents à la cérémonie d’investiture du nouveau locataire de la Maison Blanche.
Mieux, l’homme le plus riche de France prédisait le « booming » sur le marché américain fin janvier, lors de l’annonce des résultats annuels de LVMH, en raison disait-il, d’un vent d’optimisme » constaté sur place au lendemain de l’élection du Républicain.
Tout le monde dans le brouillard
Bernard Arnault avait par ailleurs évoqué les États-Unis en modèle face à la « taxation du “made in France” » qui « pousse à la délocalisation ». « Nous sommes fortement sollicités par les autorités américaines à continuer nos implantations » d’ateliers, avait déclaré le chef d’entreprise, ajoutant que « dans l’environnement actuel, c’est quelque chose qu[e LVMH] regarde sérieusement ».
LVMH réussira-t-il à échapper aux taxes de Donald Trump ? Difficile à dire, même si le président américain est réputé avoir une conception transactionnelle du pouvoir. Il pourrait ainsi exempter le géant français du luxe en contrepartie d’une implantation sur place de celui-ci, comme évoqué précédemment.
Reste que personne ne sait pour l’heure de quel ordre seront les mesures tarifaires préparées par le chef du Bureau ovale. “Personne n’a la moindre putain d’idée de ce qui se passe (…) Qu’est-ce qu’ils comptent taxer ? Qui ? À quel taux ? Même les questions les plus basiques n’ont pas encore de réponse”, confie une source citée le 29 mars dernier par Politico.
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