
La banque américaine envisagerait de proposer à ses gros clients d’acheter et vendre des cryptomonnaies comme le Bitcoin.
Selon des informations dévoilées par Bloomberg et reprises par Reuters lundi 22 décembre, JPMorgan examine activement la possibilité de proposer des services de négociation de cryptomonnaies à sa clientèle institutionnelle via son activité de marchés.
Cette offre couvrirait à la fois les opérations au comptant et les produits dérivés, précisent des sources proches du dossier, tout en soulignant que les discussions en sont encore à un stade préliminaire. La banque conditionne la mise en œuvre du projet à un niveau d’appétit suffisant pour certains instruments bien définis.
Pour les investisseurs institutionnels – fonds, sociétés de gestion, grands groupes – la possibilité d’accéder aux actifs numériques par l’intermédiaire d’un acteur systémique comme JPMorgan combinerait profondeur de marché, robustesse opérationnelle et haut niveau de conformité, difficilement réunies sur des plateformes spécialisées plus récentes.
Cette offensive envisagée s’inscrit dans un mouvement plus général d’appropriation des cryptomonnaies par les poids lourds de la finance américaine, qui considèrent désormais ce segment comme incontournable plutôt que comme un simple terrain de spéculation.
Un premier fonds tokenisé
Le 15 décembre, le groupe dirigé par Jamie Dimon a déjà franchi une étape symbolique en lançant son premier fonds monétaire tokenisé, baptisé « Onchain Net Yield Fund », doté au départ de 100 millions de dollars et opéré sur la blockchain Ethereum.
Ce véhicule, réservé aux investisseurs qualifiés avec un ticket d’entrée minimum d’un million de dollars, constitue une première mondiale dans son genre. Plus tôt cette année, l’établissement avait également fait savoir qu’il prévoyait d’accepter le Bitcoin et l’Ethereum comme collatéral pour l’octroi de prêts d’ici la fin de l’année.
Pour y parvenir, la banque entend s’appuyer sur des dépositaires tiers spécialisés, ce qui lui permet d’éviter les contraintes réglementaires liées à la conservation directe de cryptomonnaies. Cette inflexion illustre un virage majeur pour une institution dont le directeur général qualifiait encore le Bitcoin de « fraude » il y a quelques années.
La clarté réglementaire comme catalyseur
D’après les analystes de Grayscale, spécialiste des placements en actifs numériques, les marchés crypto entrent dans une phase résolument institutionnelle, portée par trois moteurs structurels : une meilleure lisibilité du cadre réglementaire, des incitations macroéconomiques à diversifier les portefeuilles et la montée en puissance des infrastructures technologiques.
Le Genius Act, adopté en juillet sous l’impulsion de l’administration Trump, qui ambitionne de faire des États-Unis « la capitale mondiale de la cryptomonnaie », a instauré un cadre fédéral pour les stablecoins, mettant un terme à des années d’incertitudes juridiques entourant ces jetons adossés à des monnaies traditionnelles.
Dans le même temps, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a franchi une nouvelle étape en annonçant le lancement du trading au comptant de cryptomonnaies sous supervision fédérale aux États-Unis. Autant de développements qui facilitent l’adoption des actifs numériques par les grands groupes bancaires, alors que le marché affiche désormais une relative stabilité.

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