
Le colosse de la gestion d’actifs a bouclé une année 2025 remarquable, porté notamment par un recentrage stratégique sur les marchés privés. De quoi renforcer sa position déjà dominante.
Dans la hiérarchie de la finance mondiale, il y a d’un côté BlackRock, et de l’autre les autres. Le groupe dirigé par Larry Fink gère désormais quelque 14 000 milliards de dollars d’actifs, d’après les résultats du quatrième trimestre publiés le 15 janvier. Cela représente une hausse de 22% sur un an.
Au cours de cette période, le bénéfice par action ajusté s’est établi à 13,16 dollars, dépassant de près de 5,8% le consensus des analystes qui tablait sur une fourchette entre 12,24 et 12,44 dollars. Les revenus trimestriels ont atteint 7,01 milliards de dollars, en hausse de 23% sur un an.
Sur l’ensemble de l’année écoulée, les revenus ont progressé de 19% pour atteindre plus de 24 milliards de dollars, tandis que le résultat opérationnel a bondi de 18% à 9,6 milliards de dollars.
Malgré la baisse du bénéfice, la Bourse a salué ces chiffres. L’action BlackRock a gagné selon le Wall Street Journal (WSJ), près de 2% dans les échanges avant‑Bourse à la publication des résultats, portée par la dynamique des encours et la solidité des revenus.
La stratégie Fink vers les actifs privés
Cette progression est d’autant plus significative que l’action BlackRock, comme celle de nombreux acteurs de la gestion d’actifs, a historiquement sous-performé l’indice S&P 500 sur des périodes d’un an, trois ans et cinq ans.
L’une des clés de cette performance concerne le virage opéré par le groupe vers les marchés privés. L’objectif est de lever 400 milliards de dollars sur ces marchés d’ici 2030, en s’appuyant sur les acquisitions majeures réalisées ces dernières années, notamment Global Infrastructure Partners (GIP) et HPS Investment Partners.
GIP apporte à BlackRock une expertise unique dans les infrastructures réelles : ports, réseaux électriques, centres de données. HPS, de son côté, est un géant du crédit privé qui prête directement aux entreprises en dehors du système bancaire traditionnel.
Des questions pour l’avenir
Cette stratégie, soutenue par quelque 28 milliards de dollars d’investissements, apparaît particulièrement judicieuse dans le contexte actuel, marqué par la croissance fulgurante des marchés privés, dopés par la quête de rendements et de diversification.
Toutefois, la création d’un « BlackRock unifié » capable de délivrer de manière fluide des solutions allant des ETF indiciels (les fonds négociés en bourse) aux investissements en infrastructure nécessite d’après Bloomberg, une coordination complexe et une culture d’entreprise cohésive.
Si cette transformation réussit, elle pourrait non seulement résoudre le paradoxe de la sous-performance boursière relative, mais également établir BlackRock comme le partenaire incontournable pour financer l’infrastructure économique du 21ème siècle.

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