
Le géant du commerce en ligne prévient que l’impact des droits de douane imposés par l’administration Trump commence à se répercuter sur les consommateurs américains, alors que les stocks tampons s’épuisent.
Face aux droits de douane imposés par Donald Trump, « il n’existe pas une infinité de solutions » pour en atténuer les effets sur les prix. Tel est le constat sans appel dressé par Andy Jassy, le PDG d’Amazon.
Interrogé cette semaine par CNBC en marge du Forum économique mondial de Davos, le dirigeant du géant de la vente en ligne a salué la résistance des consommateurs. « Ils continuent d’acheter, de consommer », a-t-il souligné, précisant que plusieurs stratégies ont été déployées ces derniers mois pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat.
« Nous avons procédé à de nombreux achats anticipés début 2025 afin de maintenir les tarifs aussi accessibles que possible pour nos clients. Beaucoup de nos partenaires commerciaux ont également constitué des stocks supplémentaires dans notre réseau logistique pour les mêmes raisons », explique-t-il.
Cette politique a toutefois montré ses limites. Les réserves constituées en amont se sont épuisées à l’automne, et les effets des hausses douanières commencent désormais à se répercuter sur les étiquettes.
Amazon face à la pression des prix
« Il reste peu de leviers pour éviter de nouvelles augmentations », admet Andy Jassy, tout en réaffirmant la volonté d’Amazon de « collaborer avec ses vendeurs partenaires afin de préserver au maximum le pouvoir d’achat des consommateurs ».
Cette déclaration intervient alors qu’une analyse récente de l’Institut Kiel pour l’économie mondiale apporte un éclairage inédit sur l’impact réel des droits de douane décidés par l’administration Trump.
Contrairement aux discours affirmant que ces mesures font payer les pays étrangers, l’étude met en lumière une tout autre réalité : les exportateurs ne supportent qu’environ 4 % du coût, tandis que les ménages et entreprises américains en absorbent 96 %.
« Un but contre son camp »
« Les tarifs douaniers sont un but contre son camp« , cingle Julian Hinz, directeur de recherche à l’Institut Kiel et l’un des auteurs de l’étude. Celle-ci a notamment démontré comment les tarifs douaniers agissent comme une taxe à la consommation sur les produits importés, tout en réduisant leur diversité et leur disponibilité.
Les données révèlent par ailleurs que, face à ces barrières commerciales, des pays comme le Brésil ou l’Inde ont maintenu leurs prix, mais diminué leurs volumes d’exportation (jusqu’à –24 %). Résultat : des prix plus élevés et moins de choix pour les consomatteurs américains, avec des pertes pour les exportateurs.
« Les tarifs douaniers désavantagent finalement tout le monde« , conclut Hinz. Pour les millions de clients d’Amazon et des autres plateformes de commerce en ligne, une nouvelle vague de hausses de prix pourrait bien se profiler à l’horizon.

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