
Le patron de Tesla et de X a induit en erreur des milliers d’actionnaires en faisant artificiellement chuter le cours de cette dernière plateforme avant son rachat en 2022, d’après la justice américaine.
Un tribunal californien a reconnu, vendredi 20 mars 2026, Elon Musk civilement responsable d’avoir induit en erreur des investisseurs en provoquant une baisse du cours de l’action Twitter dans les mois précédant le rachat du réseau social, finalisé en octobre 2022 pour 44 milliards de dollars.
Les faits remontent à une période décisive, entre mai 2022 et la clôture de la transaction. À cette époque, l’homme d’affaires avait publié trois messages sur Twitter, dont deux considérés par le jury comme « matériellement trompeurs ».
Le plus marquant annonçait que l’offre de rachat à 44 milliards de dollars était « temporairement suspendue », le temps d’une enquête sur la proportion de faux comptes et de bots présents sur la plateforme, aujourd’hui rebaptisée X.
D’après les plaignants, réunis dans une action collective, cette déclaration a aussitôt provoqué une chute brutale du cours de l’action, poussant de nombreux actionnaires à vendre leurs titres face à l’incertitude ambiante et à la dégradation rapide du marché.
Un intérêt financier au cœur des accusations
Tout au long du procès, les avocats des plaignants ont tenté de prouver qu’Elon Musk n’agissait pas par simple prudence, mais avec un objectif financier précis. Selon eux, au moment de ces publications, le cours de l’action Tesla — autre société dirigée par Musk — subissait un net recul, ce qui augmentait le coût réel du rachat de Twitter.
Le milliardaire aurait ainsi eu tout intérêt à faire baisser la valeur du titre pour alléger la facture de l’opération ou s’en désengager sans trop de pertes. Une manœuvre préméditée, plaidaient-ils, dissimulée derrière un discours de transparence et de vérification.
« Le statut de Musk comme homme le plus riche du monde ne lui donne pas carte blanche. Si vous êtes capable de faire bouger les marchés avec vos tweets, vous êtes responsable des préjudices que cela cause aux investisseurs », a déclaré l’avocat des actionnaires, Francis Bottini, cité par Reuters.
Une compensation de plusieurs milliards, un appel annoncé
Pour sa défense, Musk affirme avoir réellement cherché à confirmer si la proportion de faux comptes et de spams correspondait bien aux 5 % avancés par la direction de Twitter, ou si elle était, comme il le suspectait, bien supérieure.
Ses avocats soutiennent également que la direction du réseau social lui aurait transmis des données inexactes sur la composition de sa base d’utilisateurs, justifiant ainsi ses prises de position publiques. Le jury, en refusant de conclure à une fraude intentionnelle, a partiellement retenu cet argument.
Si la question de l’intention penche en faveur de Musk, sa responsabilité civile demeure engagée. Le tribunal a accordé aux actionnaires une indemnisation comprise entre 3 et 8 dollars par action et par jour de préjudice. Selon les estimations des plaignants, le montant total pourrait atteindre 2,1 milliards de dollars.
« Nous comptons obtenir réparation en appel », ont déclaré les avocats du milliardaire, du cabinet Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan, cités par Reuters.

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