L’Europe refuse le budget italien

Pour la première fois, Bruxelles a refusé et rejeté le projet de budget présenté par l’Italie. Selon Bruxelles, celui-ci prévoit « une déviation sans précédent » du déficit public et de la dette en opposition aux règles du pacte de stabilité et de croissance. Les Italiens dénoncent une atteinte à la souveraineté nationale.

La Commission présidée par Juncker n’aurait pas eu le choix face à la proposition italienne. Elle a finalement affirmé cette après-midi demander un autre budget au gouvernement italien pour l’année 2019. Ce budget prévisionnel fruit du travail du Mouvement 5 étoiles et de l’extrême droite de la Ligue a été jugé non conforme aux règles européennes.

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, a déclaré que les personnes aux manettes en Italie faisaient « des hypothèses de croissance qu’aucun économiste ne considère comme fondées » avant d’ajouter « Ils pensent qu’augmenter les dépenses publiques va créer de la croissance. Nous sommes dans une période de surchauffe, l’opinion de la plupart des économistes, c’est que ce ne sera pas le cas ».

Le gouvernement italien a soumis un budget prévoyant un déficit de 2.4% pour l’année 2019 alors que les gouvernements précédents s’étaient bloqués à 0.8%. Selon le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis qui s’exprime depuis Luxembourg, le budget proposé « va ouvertement, consciemment à l’encontre des engagements pris ».

A Strasbourg, Pierre Moscovici a déclaré : « Nous ne sommes pas face à un cas ‘borderline’ mais face à une déviation claire, nette, assumée et par certains, revendiquée ».

L’Italie dispose de trois semaines pour présenter un autre budget en cohérence avec les attentes de la Commission Européenne. Giuseppe Conte, le premier ministre italien, a déclaré avant l’officialisation du refus qu’il n’y avait aucun plan B de prévu.

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