SpaceX prête à entrer en Bourse sur fond de paris astronomiques sur l’IA

Goldman Sachs projette une multiplication par 100 des revenus d’intelligence artificielle de la compagnie d’Elon Musk d’ici 2030, à la veille d’un IPO qui pourrait devenir le plus grand de l’histoire des marchés financiers.

À l’heure où SpaceX entame son roadshow en vue de son introduction en Bourse — prévue le 15 juin prochain —, Wall Street affiche un soutien marqué, porté par des projections particulièrement ambitieuses.

Selon Goldman Sachs, banque cheffe de file de l’opération, les revenus de la branche IA du groupe d’Elon Musk — issue notamment de l’intégration de xAI plus tôt cette année — pourraient être multipliés par 100 d’ici 2030.

Une telle trajectoire propulserait cette entreprise, initialement centrée sur le spatial, parmi les plus valorisées au monde, et pourrait faire d’Elon Musk le premier trillionnaire de l’histoire.

La banque anticipe ainsi une progression des revenus de cette division — qui regroupe la plateforme X, l’assistant Grok, des infrastructures de données et un projet d’usine de semi-conducteurs en partenariat avec Tesla — de 3,2 milliards de dollars en 2025 à 322 milliards en 2030.

À fond sur l’intelligence artificielle

Pour mesurer l’ampleur de ces ambitions, il faut noter que le chiffre d’affaires global de SpaceX pourrait atteindre 474 milliards de dollars en 2030, dont 144 milliards issus de Starlink et 8,3 milliards des activités de lancement.

Autrement dit, l’intelligence artificielle représenterait à elle seule plus des deux tiers des revenus projetés pour la société basée au Texas. Selon le prospectus d’introduction, le marché total adressable de xAI est estimé à 26 500 milliards de dollars, bien au-delà des quelque 2 000 milliards attribués à Starlink et aux activités spatiales.

L’opération s’annonce elle-même d’envergure. SpaceX viserait un prix d’introduction de 135 dollars par action, avec environ 555 millions de titres mis en vente, ce qui pourrait lui permettre de lever près de 74,4 milliards de dollars, voire 85,7 milliards en cas d’exercice de l’option de surallocation par les banques.

Un pari sur l’avenir, mais des risques tangibles

Derrière cet enthousiasme, plusieurs zones d’ombre subsistent. Une croissance par cent des revenus de l’IA supposerait qu’une division ayant accusé une perte de 6,4 milliards de dollars l’an dernier rattrape, voire dépasse, les acteurs les plus avancés du secteur, tout en développant simultanément des capacités de calcul en orbite.

Le scepticisme est d’autant plus fort que de l’aveu même d’Elon Musk, xAI est encore un concurrent lointain face aux leaders du marché que sont Anthropic, Google et OpenAI. La division fait par ailleurs l’objet de plusieurs enquêtes réglementaires liées à des deepfakes à caractère sexuel non consentis générés par Grok.

Goldman Sachs anticipe en outre un déficit de trésorerie de 105 milliards de dollars pour SpaceX à l’horizon 2029. L’investissement relève donc d’un pari de long terme, loin d’être dénué de risques.

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