Internet, doute et espoir à Lisbonne

Hier à Lisbonne, Portugal, s’est achevé le Web Summit 2018 (le « Davos des geeks »). Elle a accueilli près de 2 000 start-ups, 1500 investisseurs et a ouvert ses portes à 70 000 visiteurs. Parmi les thèmes des conférences : La technologie va-t-elle tuer la démocratie ? », « Construire la confiance à l’âge de la désinformation », « Un internet libre et ouvert n’est plus possible ».

C’est Tim Berners-Lee qui a le plus marqué de sa présence la soirée d’ouverture. L’un des principaux inventeurs du web, s’est déclaré favorable d’un nouveau « contrat pour le web » sorte de charte rendant le net plus sûr et plus ouvert. Ce physicien a conceptualisé en 1989 un « système de gestion décentralisée de l’information » qui est considéré comme la première pierre du web moderne. Il s’est longuement penché sur les troubles qui s’emparent d’internet et de ses utilisateurs expliquant que « Beaucoup de choses ont mal tourné… Nous avons des fakes news, des problèmes de respect de la vie privée, des personnes qui sont manipulées ».

Paddy Cosgrave, le fondateur de l’évènement a expliqué à propos des troubles du net contemporain : « C’est une période de réflexion. Toutes les nouvelles technologies connaissent des cycles similaires. (…) Quand l’imprimerie a été inventée, l’excitation initiale a été remplacée avec le temps par la peur des conséquences potentiellement néfastes. Et finalement ça s’est bien passé ».

Evan Williams, l’un des fondateurs de Blogger et de Twitter, est une star des débuts du web grand public. C’est lui qui devait cloturer le salon jeudi soir. Il affiche désormais clairement ses regrets aujourd’hui. Il y a quelques mois il déclarait : « Nous nous sommes habitués à tout avoir gratuitement, et nous en avons sous-estimé le coût ». Ce coût est le prix de la vente et de la revente de nos données personnelles.

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