Affaire McKinsey : un autre caillou dans les chaussures de Macron à la veille de la présidentielle

Le président Emmanuel Macron

 

À la suite du fisc, le Parquet national financier (PNF) a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale à l’encontre du cabinet international de conseil McKinsey. Cette nouvelle affaire, dont les ficelles remontent à l’Elysée, vient plomber davantage la campagne présidentielle du candidat LREM après les révélations sur la banque Rothschild, il y a plus d’une semaine.

Une influence sur les politiques publiques pointé par le Sénat

Le Parquet national financier (PNF) a annoncé, le mercredi 6 avril, l’ouverture d’une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale visant le cabinet international de conseil McKinsey en France. L’institution dit avoir lancé la procédure le jeudi 31 mars après des vérifications suite à la publication par le Sénat d’un rapport sur le recours aux cabinets de conseil privés par l’État et l’influence de ceux-ci sur les politiques publiques. Dans ce document, la chambre haute accuse précisement McKinsey d’optimisation fiscale. Depuis dix ans, l’agence n’aurait versé aucun impôt sur les sociétés en France.

Pourtant son chiffre d’affaires s’est élevé à 329 millions d’euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public. Entre 2018 et 2021, ses profits avaient même plus que doublé pour atteindre un montant record de plus d’un milliard d’euros. Le système d’optimisation fiscale en lui-même ne serait pas illégal. Ce qui poserait problème c’est la surévaluation des prix de transfert facturés aux filiales françaises par la maison mère installée au Delaware (Etats Unis). Cette pratique permettrait de réduire la base imposable en France.

Le cabinet se défend d’avoir des pratiques légales

Réagissant à l’accusation à son encontre, McKinsey a assuré qu’il a toujours respecté les règles fiscales et sociales le concernant en France. Il dit avoir payé environ 422 millions d’euros d’impôts et de charges sociales entre 2011 et 2020. Sans pour autant préciser la part d’impôt sur les sociétés (IS) dans cette somme. L’institution souligne aussi qu’il a toujours agi ainsi en France comme dans tous les autres pays où il est présent depuis des années.

Par ailleurs, la compagnie ne comprend pas cette focalisation sur elle, alors que son activité ne pèse que 1% des achats de conseil des administrations publiques. Le gouvernement lui s’étonne de la fixation sur le recours au cabinet de conseil. Il rappelle que cette prestation n’est pas nouvelle. Les hommes politiques en France comme ailleurs dans le monde ont toujours fait appel à ce genre de prestation.

Des conflits d’intérêts entre Macron et McKinsey ?

Directement visé par cette affaire, Emmanuel Macron a précisé sur TF1 mercredi soir que « la justice ne se saisit pas de l’usage de cabinets de conseil, elle se saisit d’une fraude fiscale ». Et s’il y a une fraude, « ce cabinet de conseil paiera ce qu’il doit payer», a ajouté son ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Par ailleurs, le président français a rappelé son engagement pour l’établissement d’une taxation minimale des multinationales à l’échelle mondiale. Une annonce qui ressemble à un subterfuge pour se dégager de la polémique qui point à l’horizon.

En effet, l’opposition s’est déjà saisie de cette affaire pour égratigner l’image du président-candidat. Nicolas Dupont-Aignan notamment a appelé à l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels conflits d’intérêts entre les cabinets de conseil et lui, ainsi que sur son patrimoine. Des proches du candidat Eric Zemmour (Reconquête!), eux, ont annoncé leur volonté de saisir le PNF sur ce dossier. Ils pensent qu’il y a eu du favoritisme et du copinage depuis 2017, lorsque certains associés de McKinsey ont battu campagne pour l’actuel locataire de l’Elysée avant de rejoindre la Macronie.

Macron en tête des sondages malgré les soupçons

Cette nouvelle polémique intervient deux semaines après la publication, par les journalistes Jean-Baptiste Rivoire et Gauthier Mesnier, d’une enquête sur le patrimoine d’Emmanuel Macron. Pendant son passage à la banque Rothschild and co., l’actuel chef de l’Etat français aurait caché de l’argent dans un paradis fiscal grâce à un arrangement entre la holding franco-britannique et Bercy.

Cette accusation a baissé la côte de confiance de Macron chez les électeurs. Malgré tout, les sondages le placent en tête du premier tour de la présidentielle avec 26,5% des intentions de vote, devant Marine Le Pen (23%) et Jean-Luc Mélenchon (17%). En cas de second tour avec la candidate RN, il l’emporterait aussi avec 51,5% des voix, contre 48,5% pour son adversaire.

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