La chaussure Adidas à 500 dollars qui fait trembler Nike

Au marathon de Londres cette année, les paires Adios Pro Evo 3 ont propulsé plusieurs coureurs sur le podium, infligeant un revers cinglant à la marque à la virgule. Une démonstration technologique qui s’inscrit dans une bataille industrielle à 104 milliards de dollars.

Dimanche 26 avril, sur le bitume londonien, le Kényan Sebastian Sawe a réalisé ce que beaucoup considéraient encore comme une utopie sportive : boucler un marathon officiel en moins de deux heures, précisément en 1 heure, 59 minutes et 30 secondes.

Si ce temps historique a naturellement suscité de nombreuses réactions, un autre élément, en apparence anodine, mais essentiel dans une telle épreuve, a également attiré l’attention : les chaussures de l’athlète.

Car l’exploit de Sawe ne relève pas uniquement de la performance humaine. L’Adizero Adios Pro Evo 3 qu’il portait en franchissant la ligne d’arrivée équipait aussi l’Éthiopien Yomif Kejelcha, deuxième pour sa première tentative sur marathon, ainsi que Tigist Assefa, auteure d’un nouveau record du monde féminin lors de cette même édition du Marathon de Londres.

Une guerre technologique que laisse Nike derrière

Trois performances d’exception, un seul modèle, fruit de plusieurs années de recherche menées par les ingénieurs de la marque aux trois bandes. Adidas souligne en effet que la Pro Evo 3 est en moyenne 30% plus légère que sa version précédente et permet un gain de 1,6% en économie de course, deux facteurs décisifs à ce niveau.

Sa conception limite la fatigue musculaire et améliore mécaniquement le rendement du coureur. Un concentré de technologie vendu 500 euros, qui en fait l’une des paires de running les plus onéreuses jamais proposées à grande échelle.

La portée symbolique de ce dimanche s’inscrit dans une rivalité commerciale féroce entre Adidas et Nike autour du concept de « super shoe », ces chaussures de course technologiquement augmentées censées repousser les limites de la physiologie humaine.

Un marché en pleine explosion

Nike avait tenté de s’emparer de ce Graal en premier. En 2017, la marque à la virgule avait orchestré le projet Breaking 2 sur le circuit de Monza en Italie, avec le Kényan Eliud Kipchoge comme fer de lance. Résultat : une performance époustouflante, mais insuffisante pour franchir le seuil symbolique.

Deux ans plus tard, en 2019, Kipchoge réussissait à courir sous les deux heures lors du défi Ineos 1:59 à Vienne, mais dans des conditions contrôlées, hors des clous du règlement officiel de World Athletics, et donc non homologuées comme record du monde.

Dans ce contexte, l’action Adidas a progressé de 1,5% dès le lundi, selon Reuters, malgré les inquiétudes liées à son exposition aux droits de douane américains et aux conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. D’après Euromonitor, le segment mondial des « super shoes » pourrait atteindre 104 milliards de dollars d’ici 2030.

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