
Grâce à la hausse de l’action de l’énergéticien français, l’homme d’affaires tchèque détient désormais une participation qui a pris 45 % de valeur en six mois.
Daniel Kretinsky, milliardaire tchèque aussi discret que redoutablement efficace dans ses investissements, vient une nouvelle fois de s’illustrer en réalisant une plus‑value de l’ordre de 45% en quelques mois seulement grâce à sa participation dans TotalEnergies.
Négociées autour de 54 euros lors de la transaction conclue en novembre 2025, les actions reçues par cet homme d’affaires de 50 ans au sein de la major pétrolière française valent désormais près de 80 euros, portées par l’envolée des cours de l’énergie sur fond de tensions au Moyen‑Orient. Il se retrouve ainsi à la tête d’une plus‑value latente estimée à environ 2,3 milliards d’euros.
L’opération initiale portait sur la cession par Kretinsky de la moitié de son empire énergétique EPH à TotalEnergies, pour un montant de 5,1 milliards d’euros entièrement payé en actions, en novembre 2025.
En contrepartie, le Tchèque a reçu un peu plus de 4% du capital de l’entreprise dirigée par Patrick Pouyanné, soit quelque 95,4 millions de titres nouvellement émis, valorisés au cours de Bourse de l’époque et dont le prix de référence n’a jamais été renégocié.
Un dividende de 340 millions d’euros par an
Pour l’heure, l’homme d’affaires ne peut toutefois pas monétiser ce « jackpot » boursier. Dans le cadre de l’accord conclu avec TotalEnergies, il s’est engagé à conserver ses titres pendant au moins un an.
Une contrainte qui ne semble pas le gêner outre mesure, puisqu’il chercherait même, selon des sources citées par BFMTV, à porter sa participation jusqu’à environ 5% du capital.
Les retombées financières immédiates de cette opération ne se limitent pas à la seule plus-value latente. Dès cette année, les 4 % que détient Daniel Kretinsky dans TotalEnergies lui rapporteront plus de 340 millions d’euros en dividendes.
Une manne financière substantielle qui s’ajoute au portefeuille déjà impressionnant d’investissements de celui que l’on surnomme le Sphynx, dans des secteurs aussi variés que la distribution (Casino, Fnac Darty, Sainsbury’s, Metro), les médias (Elle, Marianne, TF1, Libération), la logistique (Royal Mail, Post.nl) ou encore le football (West Ham, Sparta Prague).
Un poids lourd européen face aux Américains
Malgré une fortune personnelle estimée à plus de 9 milliards d’euros et un empire tentaculaire en Europe, Kretinsky revendique un mode de vie relativement sobre et une préférence pour la discrétion médiatique.
Au‑delà de l’aspect purement financier, son entrée au capital revêt une dimension stratégique importante pour TotalEnergies et son PDG. En accueillant un investisseur européen de long terme, la major française cherche à rééquilibrer une base d’actionnaires largement dominée par les fonds américains, qui contrôlent près de 40% du capital.
Dans un contexte géopolitique tendu et face aux enjeux de la transition énergétique, disposer d’un actionnaire stable, européen et engagé sur le long terme représente un atout stratégique non négligeable.
Kretinsky lui-même a confirmé cette vision en déclarant son souhait de « devenir un actionnaire de référence de TotalEnergies sur le long terme ». Sa stratégie d’investissement, caractérisée par des prises de participation significatives, mais rarement majoritaires, lui permet d’exercer une influence notable sans attirer l’attention des autorités de la concurrence.

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