
Le patron de Pershing Square a pris position sur le géant de Redmond, misant sur une entreprise pleinement engagée dans la course à l’intelligence artificielle, à un moment où son action traverse une phase d’incertitude.
Bill Ackman a révélé avoir récemment acquis une participation dans Microsoft via son fonds d’investissement Pershing Square, qui gère plus de 10 milliards de dollars d’actifs. Si une telle opération n’a rien d’étonnant au regard du parcours de l’homme d’affaires, son timing interpelle davantage. L’investissement a été réalisé en février, à un moment où le titre du géant des logiciels traversait une phase de repli marquée.
Celui-ci affichait en effet une baisse de 26% par rapport à son sommet de juillet 2025. Sur les douze derniers mois, le groupe de Redmond enregistre la moins bonne performance parmi les grandes valeurs technologiques, avec un recul de 8%, loin derrière Google (+138%), Amazon (+29%) et même Meta, dont la baisse est limitée à 4%.
Selon la plateforme Value Investor, l’action Microsoft se négocie actuellement environ 24% en dessous de son plus haut historique, malgré un consensus de 37 analystes qui fixent un objectif moyen à 570 dollars, soit un potentiel de progression de 35% par rapport aux niveaux actuels.
Un contexte de leadership technologique contesté
« Nous avons pu établir notre position à une valorisation de 21 fois les bénéfices prévisionnels, globalement en ligne avec le multiple du marché et bien en dessous de la moyenne de négociation de Microsoft au cours des dernières années », précise d’ailleurs Ackman, cité par CNBC.
Cette contre-performance s’explique notamment par les inquiétudes liées à la concurrence dans l’intelligence artificielle, les interrogations des investisseurs face à un programme d’investissements massif estimé à 190 milliards de dollars, les incertitudes sur les retombées financières attendues, ainsi que le risque de consolidation des licences utilisateurs de Microsoft 365, la suite bureautique qui compte environ 400 millions d’usagers.
De quoi nourrir les doutes, mais pas ceux de Bill Ackman, qui maintient sa confiance dans le groupe. Au point de réduire son exposition à Google afin de financer cette nouvelle position.
L’infrastructure plutôt que la spéculation
« Pour être clair, notre vente de GOOG n’était pas un pari contre l’entreprise. Nous sommes très optimistes à long terme sur Alphabet. Mais compte tenu des valorisations actuelles et de notre base de capital limitée, nous avons utilisé GOOG comme source de financement pour MSFT« , explique le gestionnaire de fonds, connu pour ses positions concentrées à haut risque.
Le milliardaire justifie notamment ce choix par l’avantage structurel de Microsoft. Cela intègre sa plateforme cloud Azure, son partenariat stratégique avec OpenAI et son ancrage profond dans les systèmes informatiques des entreprises.
Plutôt que de miser sur des technologies émergentes aux perspectives incertaines, Bill Ackman privilégie ainsi une logique de « péage », en investissant dans les infrastructures essentielles dont dépend l’ensemble de l’écosystème. Comme l’indique un commentateur sur la plateforme Portfolio Intel, « l’argent intelligent n’achète pas les startup les plus visibles, il investit dans les routes qu’elles empruntent ».

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