
La volaille provenant de l’Empire du Milieu s’impose de plus en plus dans les assiettes françaises, notamment en raison d’une production locale insuffisante face à la demande.
Entre le poulet grillé, frit, croustillant, mariné, en buckets, en sandwichs ou encore préparé à la sauce fromagère, au miel ou au barbecue, c’est peu dire que la France raffole de cette viande dite blanche.
Les Français en ont ainsi consommé plus de 25 kg par personne l’année dernière, selon le site d’information ConsoGlobe. Soit plus de 80% de la quantité totale de volaille consommée sur cette période dans le pays.
L’attrait des consommateurs pour cette viande est si important que la France voit se développer toute une industrie autour de ses produits dérivés, avec désormais plus de 700 points de vente spécialisés sur le territoire national.
De Master Poulet à Tasty Crousty, en passant par Chicken Street, Popeyes ou encore KFC, le marché français du fast-food spécialisé dans le poulet est estimé à environ 1,2 milliard d’euros – en progression de 8% en un an –, d’après la journaliste Virginie Hilssone-Lévy.
Une production locale à la traîne
À l’origine de cet amour du poulet en France figure son prix, jugé relativement accessible, surtout comparé à celui du bœuf, par exemple. À ce facteur particulièrement déterminant, notamment en période d’inflation, s’ajoute l’image plutôt « healthy » qui lui est associée.
Sans oublier, bien sûr, la production plus écolo de cette volaille par rapport à celle de nombreux autres aliments destinés à la consommation. L’Agence de la transition écologique (ADEME) indique ainsi qu’un kilo de poulet représente environ 4,56 kilos de CO₂ équivalent, contre 28 kilos pour la même quantité de bœuf.
Reste que la France n’en produit pas assez, en tout cas pas au point de suivre la consommation. D’après l’interprofession Anvol, citée par ConsoGlobe, la production locale de poulet n’a augmenté que de 1,7% en 2025, contre 3,3% pour la demande.
La Chine s’engouffre dans la demande
De fait, plus de la moitié du poulet consommé en 2025 a été importée. Parmi les pays fournisseurs se trouve la Chine, dont les exportations vers l’Europe ont bondi de 57% en deux ans, à en croire RTL.
« Le chinois, c’est l’option la moins chère. Par exemple, là, c’est 4,70 euros le kilo, alors que le poulet polonais, ce serait 5,50 euros. Et la volaille française, c’est bien plus de 7 euros le kilo », indique un importateur chinois interrogé par Johanna Chabas pour RTL.
Le secret de cette compétitivité chinoise ? La braderie, selon la journaliste, qui explique que « les consommateurs chinois s’intéressent davantage aux ailes et aux cuisses, mais moins au blanc ».
« Les entreprises chinoises se débarrassent donc de ces filets à très bas prix, qu’elles vendent en masse », ajoute-t-elle. De quoi interpeller Paul-Henri Lava, actif dans la filière européenne de la volaille. « On voit que le gouvernement chinois met en place des outils de production importants. C’est un peu inquiétant pour nos producteurs », déclare ce

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