Aux États-Unis, le boom des GLP-1 rhabille le commerce

La popularité croissante des médicaments amaigrissants outre-atlantique contribue à rebattre les cartes du secteur de l’habillement, confronté à une transformation à grande échelle de la morphologie de ses clients.

Après avoir déjà bousculé les habitudes d’achat alimentaires des Américains, les médicaments amaigrissants de la famille des GLP-1 — Ozempic, Wegovy et autres traitements similaires — s’attaquent désormais à un tout autre secteur : celui de l’habillement.

Face à des changements de silhouette parfois spectaculaires provoqués par ces traitements, auxquels ont désormais recours 11% des Américains selon l’institut Gallup, beaucoup se demandent si leur garde‑robe correspond encore à leur nouvelle morphologie, et si ce n’est pas l’occasion de changer de style.

Le problème, c’est que l’incertitude sur la taille réellement adaptée pousse de nombreux clients à commander plusieurs versions d’un même article en ligne, avant de renvoyer celles qui ne leur vont pas.

Le Wall Street Journal a documenté ce phénomène, soulignant que ces retours massifs liés aux utilisateurs de GLP‑1 pèsent lourdement sur les enseignes, entre frais d’expédition, coûts de main‑d’œuvre et gestion logistique, pour un total de plusieurs millions de dollars.

Une nouvelle génération de consommateurs en quête de conseils

Le cabinet Impact Analytics estime que le taux de retours, toutes tailles confondues, a progressé de 3 à 4 points au cours des trois dernières années, une évolution directement liée à la montée en puissance de ces traitements.

Les entretiens menés par Reuters auprès de nombreux patients, ainsi que des enquêtes auprès de plusieurs centaines de consommateurs, montrent par ailleurs que cette clientèle manifeste un intérêt croissant pour l’achat de vêtements en magasin plutôt qu’en ligne.

L’agence de presse cite notamment une étude réalisée auprès de 500 personnes par ReturnPro, société spécialisée dans la gestion des retours, selon laquelle plus des deux tiers des Américains sous traitements amaigrissants déclarent avoir besoin de se rendre physiquement en boutique pour renouveler leur vestiaire.

« Les détaillants vont devoir se préparer à un afflux de personnes entrant dans ces tailles, mais qui auront aussi besoin d’aide, parce que nous ne savons tout simplement pas où aller », témoigne dans les colonnes de Reuters, Nora Nye, 58 ans, qui a commencé à prendre ce médicament il y a 19 mois après un diagnostic de diabète.

Vers un réinvestissement dans les magasins physiques

Pour les enseignes de prêt‑à‑porter, ce mouvement reste encore émergent, difficile à chiffrer précisément, mais suffisamment visible pour soulever de vraies questions stratégiques.

Faut‑il renforcer les services de conseil en style, repenser l’expérience en magasin ou modifier plus largement la manière dont les clients sont accompagnés dans leurs achats ? Autant d’interrogations auxquelles les distributeurs sont désormais confrontés.

Les observateurs du secteur anticipent, dans les prochains mois, une montée en gamme des points de vente existants. Concrètement, cela pourrait passer par une refonte des cabines d’essayage, l’intégration d’outils d’intelligence artificielle pour guider les clients dans leurs choix, ou encore par un recrutement et une formation accrus du personnel.

L’objectif serait de proposer de véritables services de stylisme, une dimension que nombre de distributeurs avaient progressivement délaissée au profit d’un modèle plus orienté libre‑service.

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