
Le fonds d’investissement américain devance Castlelake dans la course au rachat de la compagnie low-cost britannique, laquelle va donc quitter la Bourse de Londres pour redevenir une entreprise privée.
Apollo Global Management a remporté, jeudi 6 août, la bataille pour la prise de contrôle d’easyJet. Le gestionnaire new-yorkais, déjà aux commandes deux autres compagnies, a mis sur la table une offre de 7,15 livres par action, valorisant le transporteur à 5,7 milliards de livres, soit près de 7,7 milliards de dollars.
Cette proposition, qui représente une prime de 81% par rapport au cours de l’action avant la révélation de l’intérêt des candidats au rachat, a de quoi convaincre les dirigeants de la compagnie.
« Après avoir examiné attentivement la proposition d’Apollo, les membres de ma famille et moi avons décidé de soutenir l’acquisition recommandée annoncée par le conseil d’administration d’easyJet », a déclaré dans un communiqué cité par Reuters, le fondateur Stelios Haji-Ioannou.
Ce dénouement clôt une séquence ouverte fin mai, lorsque le fonds Castlelake avait multiplié les approches auprès de la direction d’easyJet. Ces premières offres avaient été rejetées, la compagnie accusant alors l’investisseur américain de vouloir la reprendre à prix bradé.
Une compétition acharnée
Un accord de principe avait finalement été obtenu au bout de la cinquième proposition début juillet entre easyJet et Castlelake, avant qu’Apollo ne surenchérisse et ne fasse basculer la négociation en sa faveur, poussant son rival à se retirer.
« Bien que nous restions confiants dans la solidité de notre entreprise et les opportunités qui s’offrent à nous, nous estimons que cette offre reconnaît à juste titre la qualité de l’entreprise que nous avons bâtie et apporte une valeur immédiate, certaine et attrayante aux actionnaires », a affirmé, de son côté, Stephen Hester, président non exécutif de la compagnie, toujours cité par Reuters.
Sur le plan social, Apollo a pris l’engagement de ne procéder à aucune coupe significative d’effectifs durant les douze premiers mois suivant la finalisation du rachat. Seul un nombre restreint de postes, directement liés aux fonctions boursières de l’entreprise, pourrait être concerné par des ajustements, la compagnie devant perdre son statut de société cotée.
L’entreprise continuera néanmoins de fonctionner comme une entité autonome, en conservant son siège au Royaume-Uni ainsi que ses certificats d’exploitant aérien régionaux. Reste désormais l’étape de la validation par les autorités de régulation européennes.
Un montage actionnarial circonstanciel
Les droits de vol d’easyJet au sein de l’Union européenne sont en effet conditionnés au maintien d’une propriété et d’un contrôle majoritairement européens, une exigence que l’arrivée d’un fonds américain met à l’épreuve.
Pour contourner cet obstacle, Apollo a mis en place, d’après Reuters, un schéma actionnarial soigneusement calibré. Celui-ci prévoit que la famille Haji-Ioannou et les autres investisseurs souhaitant rester au capital conservent entre 45,1% et 49,9% des actions ordinaires de la structure de reprise. Une fiducie de gestion domiciliée dans l’UE détiendra jusqu’à 5% des titres, tandis que les fonds gérés par Apollo s’approprieront le solde, sans jamais franchir le seuil de 49,9%.
L’objectif est de rester, sur le papier, en dessous du niveau qui ferait basculer le contrôle de l’entreprise hors de la majorité européenne exigée par Bruxelles. Un équilibre encore fragile, que les investisseurs et les régulateurs observent avec attention.
Outre-Manche, l’Autorité britannique de l’aviation civile a déjà indiqué être en contact avec les parties prenantes de l’accord. Jeudi, en fin de séance, l’action easyJet s’échangeait toujours sous le prix proposé par Apollo, à 670 pence. Signe que le marché anticipe des obstacles.

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