
Le géant des semi-conducteurs révèle avoir investi dans l’entreprise aérospatiale et d’IA, qui est par ailleurs l’un de ses clients. Dernier exemple en date d’une stratégie visant, pour lui, à nourrir une économie circulaire autour de l’intelligence artificielle afin de consolider sa position.
Selon des documents déposés, vendredi 14 août 2026, auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain de la Bourse, le groupe détient près de 123 millions d’actions de catégorie A dans SpaceX, la société spatiale fondée par Elon Musk.
Si cette participation valait environ 21 milliards de dollars à la fin du deuxième trimestre, elle a depuis perdu quatre milliards. Conséquence du décrochage du titre SpaceX — désormais rattachée à xAI, la firme d’intelligence artificielle de Musk — sur les marchés depuis son entrée en Bourse.
Présentée à l’époque comme la plus grande introduction en Bourse de tous les temps, avec entre 75 et 85,7 milliards de dollars levés sur le Nasdaq à un prix initial de 135 dollars l’action, l’opération a depuis fait pschitt.
Le titre s’est effondré par rapport au pic enregistré entre le 12 et le 16 juin, un sommet qui valorisait la société à 2 640 milliards de dollars. Mi-juillet, il est même passé sous son cours d’introduction de 135 dollars, pour évoluer autour de 113 à 125 dollars selon les séances.
Un partenariat resserré
Cela représente un recul de près de 50% par rapport au sommet, et une perte de capitalisation boursière d’environ 1 000 milliards, voire 1 200 milliards de dollars selon certaines estimations.
Le 20 juillet, la valeur a enchaîné une septième séance consécutive de baisse, clôturant à un plus bas historique sous les 120 dollars. Pour autant, l’entrée de Nvidia au capital de SpaceX ne manque pas d’opportunisme.
Elle intervient en effet dans la foulée du rapprochement entre les deux groupes. Quelques jours avant la révélation de l’opération, Musk affirmait ainsi que son entreprise avait choisi de parier massivement sur les puces du leader des microprocesseurs pour bâtir ses centres de données, infrastructures indispensables au développement de l’intelligence artificielle.
Un réseau d’intérêts croisés qui interroge
« Nous avons décidé de construire exclusivement sur Nvidia, car nous estimons que son architecture Vera Rubin est la meilleure. C’est, selon nous, le meilleur ordinateur d’IA, et nous apprécions énormément notre étroite collaboration ainsi que notre partenariat à de multiples niveaux avec le groupe », s’est-il félicité en marge d’un échange avec les investisseurs.
Concrètement, Nvidia investit donc dans une société qui figure parmi ses plus gros clients et dont il sait, de surcroît, que les besoins en puces sont structurels.
La même logique a guidé l’alliance stratégique annoncée le 10 août avec six des plus grands gestionnaires d’actifs et banques d’investissement au monde, afin de mobiliser plus de 500 milliards de dollars de capitaux tiers destinés au financement des infrastructures d’IA.
Le groupe dirigé par Jensen Huang est par ailleurs entré au capital d’Intel et a investi dans des startups comme CoreWeave, Thinking Machines, Safe Superintelligence ou encore Cursor, récemment rachetée par SpaceX.

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